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COMMUNIQUÉ
3 mai 2005

DEUX MATHÉMATICIENNES ET DEUX MATHÉMATICIENS RÉCOMPENSÉS POUR LA QUALITÉ EXCEPTIONNELLE DE LEURS RECHERCHES

La Société mathématique du Canada (SMC) a décerné le prix Krieger-Nelson 2006 à Penny Haxell (Waterloo), le prix Jeffery-Williams 2006 à Andrew Granville (Montréal), le prix Coxeter-James 2005 à Robert McCann (Toronto) et le Prix de doctorat de la SMC 2005 à Vasilisa Shramchenko (Concordia).


Prix Krieger-Nelson 2006 de la SMC : Mme Penny Haxell (Université de Waterloo)

Le prix Krieger-Nelson rend hommage aux mathématiciennes qui se sont distinguées par l'excellence de leur contribution à la recherche mathématique.

Penny E. Haxell s'intéresse à la combinatoire et à la théorie des graphes, et se concentre en particulier sur les problèmes extrémaux. Elle a obtenu des résultats très intéressants en utilisant d'une manière fascinante des instruments combinatoires, probabilistes et, plus récemment, des instruments topologiques. L'ensemble de ses travaux se démarque par la puissance impressionnante de leur auteure, son originalité et ses aptitudes techniques. Son travail de pionnière est reconnu mondialement.

Les travaux qu'elle a réalisés en 1995 avec Kohayakawa et Luczak ont mené à une étude approfondie du Lemme de Szemeredi's dans un arrangement clairesemé, dont les méthodes sont encore reprises et perfectionnées par d'autres.

Peu après, elle a formulé une preuve ingénieuse d'une conjecture d'Aharoni. Ces travaux ont mené à une collaboration dont le point culminant a été un très bel et retentissant article appliquant des méthodes topologiques pour donner une condition suffisante simple pour un système de graphes représentatifs distincts dans une famille d'hypergraphes. Ces travaux ont déjà débouché sur de multiples applications.

Le théorème Haxell-Rödl, publié en 2001, affirme qu'un plongement partiel optimal d'un graphe dans un autre peut être converti en plongement réel qui est plus ou moins aussi bon. Il peut faciliter la preuve d'un résultat de stabilité, ou de structuration, sans recourir à l'utilisation d'un théorème extrémal existant, permettant peut-être de récupérer le théorème extrémal lui-même. Cette toute nouvelle orientation de recherche présente un grand potentiel et semble très prometteuse.

Dans l'un de ses derniers articles, elle prouve que le nombre chromatique fort du graphe correspond à au plus trois fois le degré maximal. Dans ce créneau, les résultats obtenus par Alon il y a dix ans étaient ce qui se faisait de mieux. Par contre, Alon avait adopté une démarche probabiliste, tandis qu'Haxell propose une démonstration attrayante de la théorie des graphes traditionnelle.

Mme Haxell a obtenu son baccalauréat avec spécialisation en mathématiques de l'Université de Waterloo en 1988 et a reçu la médaille d'or de l'association des anciens de cette université pour la moyenne la plus élevée de la Faculté de mathématiques. Elle a obtenu son doctorat de l'Université de Cambridge, sous la direction de Bela Bollobas, en 1993. Elle est membre du Département de combinatoire et d'optimisation de Waterloo depuis 1993, où elle est devenue professeure titulaire en 2004. En 2002, elle a été professeure invitée aux laboratoires Bell (Lucent Technologies), au New Jersey.

Elle a été professeure-boursière du CRSNG de 1993 à 1998 et a obtenu la Bourse du premier ministre de l'Ontario pour l'excellence en recherche de 2001 à 2006. Mme Haxell est rédactrice gérante du Journal of Combinatorial Theory (Series B), reconnu comme la meilleure revue du domaine. Elle participe aussi activement à l'organisation de congrès et de séminaires internationaux. De 1997 à 2001, elle a siégé au Conseil d'administration de la Société mathématique du Canada.

Penny Haxell prononcera la conférence du prix Krieger-Nelson 2006 à la Réunion d'été de la SMC, qui se tiendra à l'Université de Calgary en juin 2006.


Prix Jeffery-Williams 2006 de la SMC :   M. Andrew Granville (Université de Montréal)

Le prix Jeffery-Williams rend hommage aux mathématiciens ayant fait une contribution exceptionnelle à la recherche mathématique.

Andrew Granville est une sommité mondiale de la théorie analytique des nombres. Il a contribué à plusieurs domaines de la théorie des nombres, et il a laissé sa marque dans chaque cas, en obtenant des résultats étonnants et en proposant des solutions impressionnantes à des problèmes de longue date.

Entre autres travaux exceptionnels, mentionnons la preuve qu'il a formulée avec Alford et Pomerance de l'infinité des nombres de Carmichael, qui a comme importante incidence pratique, que beaucoup de tests commerciaux disponibles sur le marché donnent beaucoup de nombres composés comme premiers. Sans oublier les articles publiés en collaboration avec Friedlander, et tout récemment avec Soundararajan, sur les irrégularités de la distribution des nombres premiers et, plus généralement, des séquences arithmétiques dans les progressions arithmétiques; ses travaux avec Bombieri et Pintz sur les carrés dans les progressions arithmétiques; ses séries d'articles avec Soundararajan sur les distributions de caractères et de sommes exponentielles, et un article intéressant en collaboration avec Stark sur la conjecture abc et les zéro de Siegel des L-fonctions de corps quadratiques imaginaires.

Ces articles constituent des percées importantes et des progrès fondamentaux en théorie analytique des nombres. De fait, ils ont paru dans les meilleures revues mathématiques. M. Granville a en outre été invité comme conférencier au Congrès international des mathématiciens de Zurich, en 1994, en plus de recevoir de nombreux prix et distinctions.

Excellent orateur, Andrew Granville est un conférencier très sollicité. Il sait expliquer des concepts et des faits mathématiques complexes d'une façon intéressante et compréhensible. On retrouve un exemple type de sa maîtrise de l'art de l'exposition dans son tout récent grand article intitulé " It is easy to determine whether a given integer is prime " publié dans le Bulletin de l'American Mathematical Society.

La communauté mathématique canadienne est extrêmement choyée qu'Andrew Granville soit rentré au Canada en 2002, où il avait entrepris ses études supérieures et obtenu une bourse de recherche. Durant son séjour à l'étranger, il a conservé des liens étroits avec le pays en organisant des séances pour le CRSNG, l'Institut Fields et l'Association canadienne de théorie des nombres.

Andrew Granville a obtenu son baccalauréat ès arts (avec spécialisation) en 1983 ainsi qu'un certificat d'études supérieures (avec mention) en 1984 au Trinity College (Cambridge). Il a ensuite poursuivi ses études à l'Université Queen's, où il a terminé son doctorat en 1987 sous la direction de Paulo Ribenboim (il avait déjà obtenu certains des meilleurs résultats sur le dernier théorème de Fermat connus à ce jour).

Il a reçu une bourse postdoctorale de l'Université de Toronto (1987-1989) et il a été membre de l' Institute for Advanced Study-Princeton (1989-1991). En 1991, il a accepté un poste de professeur associé à l'Université de Géorgie, où est devenu professeur agrégé en 1993, puis professeur titulaire et titulaire de la chaire de mathématiques David C. Barrow en 1995. En 2002, il est revenu au Canada, acceptant une Chaire de recherche du Canada à l'Université de Montréal.

Au nombre de ses distinctions, mentionnons la bourse de recherche Alfred P. Sloan (1992-1995), la Presidential Faculty Fellowship (décernée par le président Clinton) de 1994 à 1999, le prix Hasse 1995 de la Mathematical Association of America et le prix Ribenboim 1999 de l'Association canadienne de théorie des nombres.

Il a siégé à plusieurs comités du CRSNG : Comité de sélection des subventions (1995-1998), sous-comité de l'adhésion (1996-1997) et sous-comité de l'informatique (1997-1998). Pour la National Science Foundation (NSF), aux États-Unis, il a siégé aux comités CAREER (1996) et POWRE en 2000, et au " comité des visiteurs " en 2001.

Andrew Granville a également siégé au Conseil des comités de rédaction de l'AMS (1996-1999), au Comité d'organisation du programme du congrès de l'AMS (1998-2000) - dont il a été président de 1999 à 2000 - et il est actuellement membre du Comité de recherche de la SMC. Il a de plus siégé au comité de rédaction d'une bonne dizaine d'autres revues. Il a dirigé de nombreux étudiants aux cycles supérieurs et boursiers postdoctoraux.

Andrew Granville prononcera la conférence Jeffery-Williams 2006 à la Réunion d'été de la SMC, qui se tiendra à l'Université de Calgary en juin 2006.


Prix Coxeter-James 2005 de la SMC : M. Robert McCann (Université de Toronto)

Le prix Coxeter-James rend hommage aux jeunes mathématiciens qui se sont distingués par l'excellence de leur contribution à la recherche mathématique.

Les examinateurs ont dit de Robert McCann qu'il était un " mathématicien créatif, réfléchi et dynamique ". Depuis la fin de ses études à Princeton il y a dix ans, il est devenu l'une des figures dominantes du domaine du transport optimal et de ses nombreuses applications. Ses travaux sont un mélange de mathématiques très " pures " et rigoureuses, et de nouvelles applications en reconnaissance d'image, en schémas de déplacement nébuleux atmosphérique et en théorie cinétique des matériaux granulaires. Il est considéré comme l'un des analystes-géomètres les plus novateurs de sa génération.

Dans sa thèse déposée à Princeton en 1994, Robert McCann a introduit une technique d'interpolation extrêmement originale en calcul des variations basé sur la factorisation polaire de champs de vecteurs de Y. Bernier. Au cours des dernières années, ses percées ont motivé les recherches sur les inégalités fondamentales de la physique mathématique et de la géométrie.

Il est en outre à l'avant-plan des progrès réalisés dans la théorie du transport de masse de Monge-Kantorovich. Ses travaux en collaboration avec Caffarelli et Feldman utilisent la théorie et l'analyse de la mesure géométrique pour contribuer à la résolution du problème initial de transport posé par Monge il y a plus de 200 ans et qui demeure non résolu.

Ces dernières années, il a aussi collaboré avec de nombreuses autres personnes à toutes sortes de problèmes connexes, motivé par des problèmes appliqués en traitement de l'image, en économie mathématique et en météorologie. Une enquête exhaustive qui documente ses contributions clés se trouve dans le dernier ouvrage de C. Villani sur le transport optimal.

Robert McCann a obtenu son baccalauréat ès sciences de l'Université Queen's en 1989 et son doctorat de Princeton en 1994. Il a été titulaire de la chaire de professeur associé Tamarkin à l'Université Brown de 1994 à 1998, il a reçu une bourse de recherche du CRSNG de 1994 à 1996 ainsi que la bourse de recherche Centennial de l'American Mathematical Society de 1996 à 1998.

Il est arrivé à l'Université de Toronto à titre de professeur agrégé en 1998 et il est devenu professeur titulaire en 2004.

Il a reçu le prix Monroe H. Martin de mathématiques appliquées en 2001. Avec Caffarelli, Evans, Feldman et Gangbo, il a en outre décroché deux subventions de recherche ciblée de la National Science Foundation (2000 - 2007).

Robert McCann prononcera la conférence Coxeter-James 2005 à la Réunion d'hiver de la SMC qui se tiendra à l'Université de Victoria en décembre 2005.


Prix de doctorat de la SMC 2005 : Mme Vasilisa Shramchenko (Université Concordia)

Le Prix de doctorat de la SMC récompense le travail exceptionnel d'un étudiant ou d'une étudiante au doctorat ayant obtenu un diplôme d'une université canadienne.

La Société mathématique du Canada est enchantée de remettre son Prix de doctorat 2005 à Vasilisa Shramchenko pour ses recherches sur les variétés de Frobenius associées avec les espaces de revêtements ramifiés de Hurwitz. Ses travaux se situent à la croisée de nombreux domaines et disciplines, ce qui exige des connaissances à la fois approfondies et générales, qu'elle maîtrise admirablement.

Les examinateurs ont qualifié son travail de " grande surprise " et ont affirmé que les répercussions et l'originalité de ses travaux étaient " exceptionnelles ". Elle utilise une approche analytique des objets de la géométrie algébrique classique qui émane des théories classiques, lesquelles sont améliorées par des constructions contemporaires. En plus de proposer des résultats de toutes sortes, elle pose des questions et des problèmes importants dont les réponses approfondiraient encore davantage son importante contribution au domaine des variétés de Frobenius ainsi que notre compréhension du sujet. Elle a déjà publié un bon nombre d'articles, et plusieurs autres articles ont déjà été acceptés. Il ne fait nul doute qu'elle a devant elle une carrière prometteuse.

Vasilisa Shramchenko a obtenu son baccalauréat spécialisé en mathématiques et enseignement des mathématiques en 2000 de l'Université d'État de Saint-Pétersbourg, Département de probabilité et de statistique. Elle a poursuivi ses études supérieures au Département de mathématiques et de statistique de l'Université Concordia et a y obtenu son doctorat, sous la direction de Dmitry Korotkin, en octobre 2004. Sa thèse s'intitule : Frobenius Structures, Integrable Systems, and Hurwitz Spaces.

Vasilisa Shramchenko prononcera la conférence du Prix de doctorat 2005 à la Réunion d'hiver de la SMC qui se tiendra à l'Université de Victoria en décembre 2005.


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H.E.A. Campbell
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